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Affichage des messages du août, 2026

Pareil comme au cinéma

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Une de mes activités préférées de l’été, c'est le ciné-parc. C'est peu dispendieux, comme c’est dehors, ça donne l’impression de profiter de l’été et, en plus, j’ai le contrôle absolu sur le son, ce qui me permet d’apprécier le film de manière optimale. Quand j’ai eu ma première voiture, j'y allais tout le temps, je voyais tous les nouveaux films. C’était aussi une époque où j’étais célibataire et où j’étais activement à la recherche de quelqu’un pour partager ma vie. Après plusieurs échanges avec une jeune femme d’à peu près mon âge sur la défunte plateforme MSN Messenger, nous nous sommes donné rendez-vous un soir au ciné-parc. Contrairement à certaines autres expériences de rencontre que j’avais eues auparavant, ici, tout était clair : il s'agissait officiellement d’un rencard. Nous nous connaissions déjà un peu en ligne, mais nous avons eu le temps de faire connaissance en personne avant le début du film. Le courant passait bien, pas de mauvaise surprise, les condit...

Je plaide coupable

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Il semble y avoir consensus chez les gens plus âgés. L'enfance semble, selon eux, être le moment le plus agréable de l’existence. Les arguments évoqués sont souvent l’absence de responsabilité ou encore le temps qui semble être une ressource infinie. Comme si la seule chose à faire était de vivre pleinement.  C’est assez étrange parce que ça ne correspond pas à ma perception actuelle de l’enfance. De la mienne, du moins. J’irais même jusqu’à dire que, jusqu’à présent, ça a probablement été pour moi la pire partie de ma vie. On me décrivait comme quelqu’un de tranquille, gêné, dans sa bulle. En réalité, les trois quarts du temps, j’étais surtout terrifié par les autres, j’essayais seulement de faire en sorte que ça ne paraisse pas trop.  Sans vouloir faire l'inventaire de mes malheurs, l’époque de mon primaire a été la pire. C’est celle où je me suis fait traiter de tous les mots qui ne valent pas la peine d’être écrits ici. C’est dans la classe de troisième année que mon ensei...

Ronde après ronde

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Je suis née au début des années quatre-vingt. L'âge d’or des films d’action où les scènes de bagarres et les explosions se succédaient. Sans doute les années les plus lucratives de Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris et Sylvester Stallone. Dans ma télé, je voyais Rocky s’entraîner pour devenir plus fort, plus endurant. Il ne se plaignait pas. S’il n'était pas certain d’avoir ce qu’il faut pour battre son adversaire, il s’entraînait plus fort, tout simplement. C’est comme ça qu’il est devenu champion et qu’il a réussi à gagner le cœur d’Adrian au passage. Rien ne pouvait l'arrêter. Quand je ne me sentais pas bien dans mes vêtements, que j’avais les tympans qui font mal ou les yeux qui brûlent, je ne me plaignais pas, j'encaissais, ronde après ronde. Je me disais qu’à la longue, j’allais devenir plus fort, plus endurant et que, comme Rocky, j’allais finir par devenir assez fort pour vaincre mon adversaire. Ce que je n'avais pas encore compris, c’est que les sens, c’es...

La trahison des images

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Secondaire cinq. Je suis dans mon cours d’arts plastiques après le dîner. C’est une période libre. Je viens de m’entretenir avec une autre étudiante marginale sur le regard que les gens portent sur leur entourage. Sur le fait que trop souvent, le regard s'arrête à la surface des choses, rarement à ce qui est caché derrière. Inspiré par cette discussion entre amateurs de Doc Martens, je me mets donc au travail. Je dessine un cube sur une grande feuille. Puis, en dessous, j’y ajoute l'inscription : « Ceci n’est pas un cube. » Pourquoi ? Parce qu’effectivement, il ne s'agit pas d’un cube, mais de l'illustration d’un cube. L’année suivante, au Cégep, j’ouvre mon manuel d’histoire de l’art et je tombe sur une toile de René Magritte intitulée : La trahison des images . L’œuvre représente une pipe sous laquelle on peut lire l'inscription : « Ceci n’est pas une pipe». J’étais sous le choc, voire scandalisé. Mon premier réflexe a été de me dire que je m’étais fait voler mon ...