Messages

Échec et mat

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Récemment, j’ai commencé à jouer aux échecs. C’est un jeu vraiment amusant. Ce qui me fascine des échecs, c’est que c’est un jeu extrêmement simple, en surface, mais ultra-complexe quand on y entre réellement. Il y a peu de règles et elles sont très bien définies. Chaque pièce a sa propre façon de se déplacer, les joueurs jouent à tour de rôle et le gagnant est celui qui réussit à mettre le roi en échec et mat. Facile ! Cependant, lors d’une partie, il faut prendre le temps de bien évaluer l’échiquier à chaque coup. Est-ce que la position est bonne ? Risque-t-on de compromettre la sécurité d’une autre pièce ? Aussi, il faut anticiper le jeu de son adversaire. Il faut réussir à décoder son intention en observant chacun des gestes qu’il pose. Autrement, on risque vite de s'apercevoir que notre mauvaise lecture de la situation peut très rapidement nous mettre dans l'embarras. Ce qui me fait sourire aujourd’hui quand je joue aux échecs, c’est que plus je joue, plus je me rends comp...

Pièces d'étachées

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J’ai été choyé côté jouets dans mon enfance. Figurines, jeux de société, jeux vidéo, je ne manquais de rien. Seulement, contrairement à mes amis, je ne me contentais pas de jouer avec mes jouets. Je devais aussi comprendre leur fonctionnement. Ils y sont tous passés : mes G.I. Joe, ma voiture téléguidée, mon Walkman... Je les ai tous démontés pour voir comment ils fonctionnaient à l’intérieur. Je m’amusais même à créer mes propres jouets personnalisés à partir de pièces prélevées sur d’autres jouets. Encore aujourd’hui, c’est un besoin qui ne m’a jamais quitté. Quand j’achète une nouvelle guitare, avant même de jouer ma première chanson avec, je passe soigneusement en revue chaque élément de l’instrument. J’ajuste, je modifie, je calibre, jusqu’à ce que j’arrive à un résultat qui correspond exactement à mes besoins. Ensuite seulement, je joue. C’est ce même besoin de comprendre les choses en profondeur qui fait en sorte qu’aujourd’hui, j’ai des connaissances et des compétences extrêmem...

Peine... d'amour?

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  Un soir, alors que j’étais au cégep, ma blonde de l'époque m’a appelée. Elle m’a demandé au téléphone : « Veux-tu aller marcher ? ». J’ai remarqué quelque chose de différent dans sa voix, dans le ton. Nous étions ensemble depuis environ un an et demi alors, je la connaissais bien. Ce soir-là, au téléphone, elle sonnait différemment. Je me souviens m’être dit : je pense qu’elle veut me laisser. Comme de fait, nous sommes allés marcher ce soir-là et elle m’a annoncé qu’elle mettait fin à notre relation amoureuse. Elle est retournée chez elle et j’ai continué à marcher. C'est étrange parce que je n’ai senti aucune tristesse. Je me disais que normalement, après une relation d’un an et demi, les gens devaient forcément avoir de la peine ? Peut-être même de la colère ?  Je suis passé par chez moi pour aller chercher mon lecteur CD portatif pour pouvoir écouter de la musique en marchant. J’ai continué ma marche en écoutant des chansons tristes pour essayer de me mettre dans l’ambia...

Les univers parallèles

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Je me sens comme un extraterrestre qui essaie de décoder les comportements humains pour pouvoir s’intégrer. C’est l’image que j’ai utilisée le plus souvent pour décrire ma façon d’habiter le monde. J'ai depuis toujours la sensation d'être une espèce à part, d’être une expérience sociale. Un alien qu’on a planté là, avec de vrais terriens, pour voir comment il allait se débrouiller. Je dois l’avouer, ça ferait un maudit bon concept de téléréalité. Sauf que, non, ce n’est pas le cas. Je ne suis pas un extraterrestre, je suis un vrai humain, mais avec un cerveau différent. C’est justement ce cerveau différent qui fait en sorte que j’ai dû apprendre très tôt comment décoder les interactions humaines, même les plus banales. Parce que, même si je suis humain et que ma perspective est bien réelle, ma réalité est parallèle à celle de la majorité. Quand quelqu’un me demande : Hey ! Comment ça va ? J’entends une requête pour en savoir davantage sur mon état physique ou émotionnel. C’est ...

Un plus un

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J'ai toujours été bon en mathématiques. Ce que j'aimais des maths, c’est qu’elles ne laissent pas vraiment de place à l’interprétation. Un plus un, ça donne deux, toujours. Même si tu le dis, fort, si tu le chuchotes, si tu fais des gros yeux. C’est toujours clair, efficace, précis. La précision, la clarté, c’est ce que j'ai toujours cherché dans la vie. Autant dans ma façon de m’exprimer que dans ma façon d'interpréter le monde. C’est pour ça que j'ai été passionné très tôt par la technologie et l’informatique. Généralement, si un ordinateur ne fait pas ce que tu voulais qu’il fasse, c’est toi le problème. Ta ligne de commande n’était pas bonne. J'ai moi-même fonctionné, ou devrais-je plutôt dire, je fonctionne encore un peu comme un ordinateur. J’ai besoin d’une commande claire et sans ambiguïté pour effectuer quelque chose qui va répondre aux attentes. Avec le temps par contre, j’ai réalisé quelque chose qui a un peu changé ma perspective. Les mathématiques n...

Atchoum

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Comme énormément de gens, j'ai des allergies saisonnières. Rien d’exceptionnel. Par contre, j’ai passé les vingt premières années de ma vie sans le savoir.  Quand j’étais enfant, on m’avait dit que j’étais allergique aux chats. Je savais donc que si j’allais chez quelqu’un qui a un chat, j’allais possiblement éternuer, avoir des écoulements nasaux, maux de tête et le nez qui pique. Il m'était aussi arrivé d’avoir un rhume, ce qui me donnait des symptômes similaires à ceux de mon allergie aux chats. Je me souviens précisément de ma rentrée scolaire à chaque année, je me traînais des mouchoirs partout et je finissais toujours par en manquer. Je passais mes journées à me retenir d’éternuer pour ne pas déranger. Début vingtaine, alors que je mouchais ma vie au travail en plein mois de juillet, un collègue m’a dit : « Si tu veux, j’ai des réactines pour tes allergies. » Je lui ai répondu : « Ce n’est pas des allergies, j’ai un rhume. »   Le soir même, je me suis posé la questi...

Le dernier choix

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Ballon de basketball, ballon de soccer, ballon de volleyball, ballon de handball, ballon d'omnikin, balle de ping-pong, balle de tennis, balle de softball, balle de hockey cosom. Voici la liste des différents projectiles que j’ai reçus au visage quand j’étais à l’école. Inutile de mentionner que l’éducation physique n'était pas mon cours préféré. Je voulais être bon, performer, compter des buts, mais j’étais celui qu’on choisissait en dernier pour faire les équipes. Une fois, mon meilleur ami était en charge de faire une équipe. Je lui ai demandé de me choisir parce que je voulais être avec lui. Il m’a choisi en premier et le prof lui a demandé : « Tu es sûr que tu veux prendre Jonathan ? Tu peux choisir n’importe qui tu sais ? » À cet âge, j'ignorais encore ce qu’était l'orgueil, mais ça m’avait fait mal. Je dois l’avouer, j'étais mauvais, très mauvais même. J’ai déjà marqué un but au hockey et le gardien s'était fait niaiser à cause de ça. Ça te donne une idée...