La lumière au bout du tunnel
J’attendais l’autobus. Je devais avoir une dizaine d’années. Il m’était impossible de ne pas regarder ailleurs que par terre devant moi. Même ça c’était pénible, et par pénible, je veux dire douloureux. Mes yeux, déjà larmoyants, brûlaient. J’avais l’impression que quelqu’un tenait une flamme à proximité de mon visage, juste sous mes yeux. J’ai vite pris conscience du fait que je semblais être le seul dans cette situation. Les autres enfants parlaient entre eux et s’amusaient en attendant. Je ne comprenais pas comment ils faisaient pour ne pas avoir mal. Une fois assis dans l’autobus, ça s’est calmé un peu. Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai pu faire le lien entre cet épisode et mon amour pour les lunettes de soleil. Je n’ai jamais été quelqu’un de très porté sur la mode ou les accessoires. Par contre, j’ai possédé une collection de lunettes qui aurait probablement fait rougir Elton John. C’est encore le cas aujourd’hui. J’ai des lunettes partout. À la maison, au travail, ...