Vive le vent
Il y a deux ans, il y a eu une bonne tempête dans mon quartier. Il ventait tellement que certains morceaux d’aluminium qui recouvrent la bordure de mon toit ont été emportés par le vent.
La semaine dernière, soit deux ans après l’incident, j’ai finalement installé les morceaux manquants. Je dis «je», mais c’est en fait mon ami qui est monté installer les morceaux parce que j’ai le vertige. Mais ça, c’est une autre histoire.
Ça aura donc pris deux ans avant que je règle le problème. Un problème qui, en surface, est d’une banalité déconcertante. Les choses qu’il y avait à faire: aller à l'atelier d’aluminium avec un des morceaux abimés pour faire refaire des morceaux, installer les nouveaux morceaux, point. C’est tout.
Pourquoi deux ans pour un projet de deux étapes ? Parce que les deux étapes m’étaient totalement inconnues. Je n’étais jamais allé dans un atelier d’aluminium auparavant. Je ne savais même pas où en trouver un. Et croyez-le ou non, ce n'est pas par paresse que j’ai attendu aussi longtemps. C’est l'inconnu qui m’a complètement paralysé. Laisser le bois exposé aux intempéries sur le côté de ma maison ne me laissait pas indifférent. Je savais que je devais agir avant que la situation ne se détériore, mais j’étais complètement bloqué. Je manquais de données pour pouvoir entamer le projet.
Durant mes vacances, j’ai choisi à l’avance la journée où j’allais aller faire faire les morceaux. Je suis allé sur internet faire le tour des ateliers d'aluminium dans ma ville. J’en ai choisi un. J’ai pris l'adresse en note, vérifié les heures d’ouverture. Ensuite, je suis allé vérifier l’itinéraire pour me rendre sur Google Maps. Puis le jour venu, la première chose que j’ai faite le matin a été de me rendre à l’atelier pour faire faire les morceaux. J'y suis allé le matin pour être certain d’avoir l’énergie de pouvoir le faire.
Deux jours plus tard, l’atelier m’a appelé pour me dire que mes morceaux étaient prêts. Ça a été beaucoup plus facile à partir de là, parce que j’étais déjà allé là-bas. Je connaissais le chemin, je savais de quoi avait l’air la bâtisse, l’intérieur des lieux, etc.
Le lendemain, mon ami est arrivé avec son échelle et m’a rendu un énorme service en rendant à ma toiture son aspect d’origine.
En réalité, mon projet de deux étapes avait besoin d’un plan de huit mini-étapes pour que je puisse enfin le réaliser.
Je suis maintenant prêt pour l’hiver !

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