Le plus parfaitement possible


J’aime faire les choses bien. Le plus parfaitement possible. Même si je sais très bien que la perfection n’existe pas. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle je n’agis que très rarement sur un coup de tête. Avant de faire quelque chose, je réfléchis, je planifie, j'évalue, je calcule, j’analyse, je me documente. Je veux faire les choses de la bonne façon, dans les règles de l’art.


Avec le temps, j'ai réalisé qu'une partie de ce besoin vient probablement du fait que je ne veux pas déplaire. Je ne veux pas donner l’impression que j’avais mal compris la demande, alors je compense en faisant plus que ce qu’il ne le faut réellement.


Par conséquent, on me dit souvent que je suis attentionné, méticuleux, professionnel. C'est vrai, mais c’est aussi vrai que trop souvent, je prends tellement de temps pour préparer une tâche que ça devient contre-productif. Réfléchir vingt minutes à comment effectuer une tâche qui en prend cinq, ce n’est pas vraiment ce qu'on peut appeler de la productivité. Ça serait généralement plus rapide de simplement faire la tâche du mieux que je peux et, dans le pire des scénarios, recommencer à nouveau. Ça impliquerait par contre de peut-être faire des erreurs. Et ça, c’est quelque chose que j’ai beaucoup de difficulté à m'autoriser à faire, surtout quand ça implique d’autres personnes.


J’ai monté plusieurs projets dans ma vie. J’ai fait des albums de musique, écrit des pièces de théâtre, réalisé des court-métrages. À chaque fois, j’étais super bien préparé. Dans tout le lot, il y a un projet, un seul, où je me suis dit: pour ça, je ne me casse pas la tête, je le fais, c’est tout. Pour celui-là, je n’ai pas pris le temps d’étudier ce que les autres avaient fait avant moi, je ne me suis pas fait de plan, j’ai décidé de simplement laisser les choses aller et de m’accorder la permission de ne pas être parfait.


Je l'ai fait sans plan détaillé. Sans avoir l'impression d'être prêt. En acceptant qu'il ne soit peut-être pas parfait.


Ironiquement, c'est aussi le projet qui, à ce jour, a eu le plus d'impact.


Je l'ai appelé L'Autisme entre les lignes.


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