Promenons-nous dans les bois
Un soir, après un cours, un des élèves lance : « Est-ce que ça vous tente d’aller prendre un verre après le cours ? » J’ai accepté l'invitation et une des filles du groupe est venue me voir pour me dire : « Si ça avait été juste toi et moi, j’y serais allée. » Ça en est resté là. La semaine suivante, après le cours, la même fille vient me voir pour me demander si je voulais aller marcher avec elle dans un sentier. À ce moment-là, je me suis dit : ok, j’aime prendre des marches, il est 21 h, si je me couche tout de suite après, je ne serai pas trop fatigué pour aller travailler demain. J’accepte donc son offre.
On se rend donc au centre d'interprétation de la nature. Il est 21 h 15, un lundi soir, en octobre. Pendant la marche, elle me parle de connexion avec la nature, d’énergie, des sens… On termine notre marche et on rentre chacun de notre côté. Peu de temps après, elle a quitté le groupe.
Des années plus tard, je me questionne sur la possibilité que je sois autiste. Je lis des articles, je fais des tests d’auto-évaluation, je regarde des vidéos sur le sujet. Une des choses qui revient souvent, c’est que beaucoup d’autistes ont de la difficulté à comprendre les sous-entendus, à lire entre les lignes. Mais pas moi. Moi, je me considère même vraiment bon pour lire l'intention des gens, décoder les petits détails… Puis, je repense à cette soirée-là et ça me saute aux yeux. C’était une date ! « Si ça avait été juste toi et moi, j’y serais allée.» Une marche dans les bois, un lundi soir d’octobre à 21 h 15 quand on travaille le lendemain. Les conversations sur la connexion, les sens… C’était évident !
En rétrospective, je suis content de ne pas avoir allumé. Ça m’a permis de rencontrer ma femme l’année d’après !

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