Les univers parallèles


Je me sens comme un extraterrestre qui essaie de décoder les comportements humains pour pouvoir s’intégrer. C’est l’image que j’ai utilisée le plus souvent pour décrire ma façon d’habiter le monde. J'ai depuis toujours la sensation d'être une espèce à part, d’être une expérience sociale. Un alien qu’on a planté là, avec de vrais terriens, pour voir comment il allait se débrouiller.


Je dois l’avouer, ça ferait un maudit bon concept de téléréalité. Sauf que, non, ce n’est pas le cas. Je ne suis pas un extraterrestre, je suis un vrai humain, mais avec un cerveau différent. C’est justement ce cerveau différent qui fait en sorte que j’ai dû apprendre très tôt comment décoder les interactions humaines, même les plus banales. Parce que, même si je suis humain et que ma perspective est bien réelle, ma réalité est parallèle à celle de la majorité.


Quand quelqu’un me demande : Hey ! Comment ça va ? J’entends une requête pour en savoir davantage sur mon état physique ou émotionnel. C’est logique, c’est même formulé de façon assez explicite. Cependant, dans la majorité des cas, cette phrase n’est pas une requête concernant mon état, mais plutôt une formalité pour ouvrir la conversation et, fort probablement, dévier rapidement sur le véritable sujet de la conversation. En bout de ligne, on enrobe un sujet dans un autre pour aider à alléger la transition. En réalité on utilise tous les deux les mêmes mots, on parle la même langue, mais pas le même langage.


C’est peut-être de ça qu’on parle au fond quand on parle d’univers parallèles. Peut-être que ça a moins à voir avec les trous noirs au fin fond de l’univers et plus avec les galaxies au fin fond de nos cerveaux.


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